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Déficit Public Annuel Inférieur À 3% du PIB, Un Luxe Pour La Zone Euro ?

1ier janvier 1999, c’était parti, la zone euro était lancée ! Et pour faire comme les grands, elle s’était dotée d’un parterre de conditions spécifiées dans ce qui convient d’appeler le « Protocole sur les critères de convergence ». Critères de convergence dont l’un des piliers centraux est le rapport entre le déficit public annuel et le produit intérieur brut (PIB) qui ne doit pas dépasser 3 % à la fin du précédent exercice budgétaire.

Vous avez dit 3% ? Bien !

Alors, comment expliquer les chiffres ci-dessous ?

Grèce, déficit public 2009, 12,7% du PIB

Espagne, déficit public 2009, 11,2% du PIB

Portugal, déficit public 2009, 8% du PIB

France, déficit public 2009, 7,9% du PIB ….

………. Belgique, déficit public 2009, 5,9% du PIB; Italie, déficit public 2009, 5,3% du PIB et Allemagne, déficit public 2009, 3,4% du PIB.

Source : Commission européenne

http://www.touteleurope.fr/fr/actions/economie/euro/presentation/comparatif-le-deficit-public-dans-la-zone-euro.html

Plus grave, des révélations récentes font état des chiffres truqués publiés par le gouvernement grec sur la situation de ses finances publiques. En effet,  et je me prononce avec réserve, il semblerait que les chiffres officiels avancés jusqu’à présent par le gouvernement grec étaient tous faux. L’exemple le plus patent est le déficit public qu’il avait annoncé être à 6% du PIB pour 2009, alors qu’en réalité il se trouvait à 12,7%. Un ancien dirigeant de la banque centrale grecque, Mr Panayotis Thomopoulos pour ne pas le citer, déclarait même récemment et je le cite : « Ici, la fraude est un sport national » bon, au moins un qui est honnête !

C’est à se demander à quoi servent les institutions statistiques européennes en l’occurrence Eurostat, la Banque centrale européenne et la direction générale des affaires économiques et financières de la commission européenne ?

Mais par-dessous tout, ce qui a surtout retenu mon attention dans cette affaire euro-européenne,  c’est la prétendue solidarité bilatérale et / ou institutionnelle  (française et allemande) promise lors du sommet qui s’est tenu très récemment le 11 février 2010 à Bruxelles et dont l’objectif était de sauver la Grèce. Franchement, la France ? Parle t- on du pays dont le déficit public devrait s’envoler à 8,3% du PIB en 2010 ? Non seulement donc bien au delà des 3% requis, mais pire que 2009 !

Franchement, ne faut-il pas plutôt pour l’euro-zone penser à une dévaluation de leur monnaie? Vous me répondriez sans doute qu’il ne s’agit pas du Peso de l’Amérique latine ou du franc CFA de l’Afrique francophone dont les déficits publics atteignent les 30, 40, voire souvent 50% du PIB. Je vous le concède !

Bien que comparaison ne soit pas raison, et toute proportion gardée, admettons quand même que les situations sont similaires : déficit budgétaire, endettement public, taux de chômage élevé, balance commerciale déficitaire, mauvaise gestion des finances publiques, avec comme cerise sur le gâteau,  fricotage des données publiques !!!

Sérieux, si c’avait été le Mexique, l’Argentine ou le Burkina-Faso qui présentait de tels manquements, Monseigneur  FMI (dont les décideurs ne sont autres que princesse zone-euro et Prince USA) préconiserait déjà une dévaluation « compétitive » et des programmes d’ajustement structurel afin de rétablir les finances publiques.

Alors Sa Séniorité FMI, qu’en est-il du cas grec ? Ou mieux encore du cas zone-euro ?

J’entends parler qui de souveraineté européenne, qui d’interventionnisme américain si le FMI venait à s’y impliquer… alors on préfère ne pas faire appel à ses services.

Oh chère Europe, « ce qui arrive aux autres commence déjà à nous arriver » !

February 23, 2010 Posted by | Articles In French, Economics, International Economics, International Finance | , , , , , , , , | 6 Comments

FMI, BM, UE, et les Economies Africaines: De nouveaux paradigmes de développement?

EGYPT-EU-AFRICA-SUMMIT-DIPLOMACY

FMI, BM, UE, et les Economies Africaines: Après la crise financière mondiale due à un excès de libéralisme, y’aurait-il du positif quant aux leçons à tirer?Vers de nouveaux paradigmes de développement?

S’il est vrai que la crise financière/ économique mondiale a eu de nombreuses conséquences désastreuses de part le monde: fermeture de grosses firmes telles que Lehman brothers, Northern Rock; licenciements massifs, saisie immobilière etc. et pour l’Afrique: réduction de l’aide étrangère, réduction des flux de capitaux étrangers et des flux de transferts de la diaspora, chute des cours des matières premières, etc. Il faut tout de même lui reconnaître (à la crise) le mérite de remettre à l’ordre du jour le débat sur les politiques de développement du FMI, BM, EU en Afrique.

Commencons donc par planter le décor: Lorsque cette crise financière atteignit son paroxysme, nous avons vu les Etats occidentaux courir aux chevets des entreprises à travers d’énormes plans de relance (AIG, Chrysler, Ford) aux Etats Unis, on a même parlé de nationalisation dans le cas de la Northern Rock en Grande Bretagne. Si en Afrique, nous n’en sommes pas encore à ces cas extrêmes, les effets generalisés de cette crise dans les économies dites ‘avancées’ devrait tout de même interpeller les leaders africains à repenser le développement du continent et donc à questionner si besoin y’en avait encore, les politiques imposées par ces institutions internationales extrêmement libérales qui vise à faire de l’Afrique la chasse gardée des multinationales et à anéantir tout rôle de l’Etat. L’Etat qui par ailleurs reprend bien du poil de la bête dans ces économies dites développées où de plus en plus l’Etat redevient le pourvoyeur principal de capitaux.

Me faisant porte-parole le temps d’une reflexion, je me pose et pose les questions suivantes:

Ne faut-il pas pour l’Afrique, penser à un paradigme de développement hybride qui donnerait à l’Etat non seulement le pouvoir d’assurer son rôle régalien, mais aussi d’avoir un controle sur les entreprises nationales qui assument le bien être des populations c’est à dire les companies nationales d’eau, d’électricité et de gaz. Contrairement à la pensée FMIenne qui prône plutôt leurs privatisations?

Vous me répondriez sûrement que, rien ne garantit un bien être sous la gestion des companies nationales controlées par l’Etat.

Alors, je pense que la bonne gouvernance et la bonne gestion des deniers et des comptes publics devraient être l’un des piliers centraux de ce nouveau paradigme. Bien sûr en supposant que nos chefs d’Etat se soucient en premier du peuple (c’est un autre débat).

L’autre aspect très important du nouveau paradigme hybride, aspect qui serait de connivence avec la philosophie du FMI et de la BM, serait l’émergence et la promotion d’un secteur privé fort financé à la fois par des capitaux nationaux et étrangers. Ceci passerait forcément par un système financier/boursier et bancaire bien structuré et bien régulé. Un secteur privé focalisé sur les industries de pointe, de nouvelles technologies, de services et de distributions.

Ce jumelage d’un service public assaini et protecteur du citoyen, et d’un secteur privé consistant financé directement (via la bourse) par de capitaux nationaux et étrangers serait peut être salutaire pour le développement durable du continent.

En passant, ne serait-il pas grâce à ce type de modèle hybride que la France résiste mieux aujourd’hui à la crise, comparée à ses voisins allemand et anglais?

A bon entendeur, salut!

May 3, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , | 3 Comments