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1960 – 2010 : 50 ANS D’INDEPENDANCE, L’HEURE DES BILANS ET DES RESOLUTIONS.

Alors, les bilans ! J’aurai plutôt tendance à parler des résolutions ou encore peut être de ce qui devrait se faire pour que les choses aillent mieux. Car faire les bilans de ces 50 ans d’indépendance risquerait me plonger dans un afro-pessimisme dont je ne partage pas toujours la philosophie.

Alors on va essayer de rester positif et élaborer plutôt des propositions quant à l’avenir.

Le point qui retient le plus mon attention est celui du bilan politico-économique notamment sur un modèle de développement et ou d’organisation propre au continent.

Dans un article que j’ai publié en Mai 2009 (https://lambertmbela.wordpress.com/2009/05/03/fmi-bm-ue-et-les-economies-africaines-de-nouveaux-paradigmes-de-developpement/) j’explore la nécessité d’un paradigme de développent qui, à contrario des doctrines FMIennes et de la BM, serait plutôt un modèle “hybride” de gouvernance. Un modèle qui jumellerait un service public assaini et protecteur du citoyen, et un secteur privé consistant financé directement (via la bourse) par de capitaux nationaux et étrangers.

A mon avis, après 50 ans d’échec à la fois des institutions internationales et de nos dirigeants qui par ailleurs, non seulement manquent de vision et d’amour pour leur nation et peuple, mais aussi et surtout sont davantage motivés par leurs intérêts personnels. Vous me diriez que ce n’est pas nouveau et vous avez raison.

A mon avis donc, il serait temps pour le continent -du moins l’Afrique francophone- de se redéfinir tant sur le plan politique que sur celui économique; de repenser la façon dont elle se vend et elle passe des contrats avec le reste du monde; de réévaluer ses atouts et comment ceux ci pourraient peser sur les relations internationales. Je pense notamment aux matières premières comme le cacao dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun, respectivement 1ier, 2ème, 4ème et 6ème producteurs mondiaux (60 % de la production mondiale). Ces pays pourraient se regrouper afin de peser et d’influencer en leur faveur sur le prix international du cacao. Dans le même ordre d’idées, après 50 ans d’Etat-nations, il serait peut être aussi temps de comprendre qu’avec plus de 50 pays, l’idée des Etats Unis d’Afrique ou Union africaine (c’est comme vous voulez) en un seul coup est assez platonicienne voire utopiste pour un continent où la fibre et l’orgueil nationalistes restent encore un fond de commerce assez productif pour les chefs d’Etats. A mon avis, une intégration sur des bases économiques/commerciales serait salutaire et davantage catalytique d’une Afrique unie. Comme pour le cas précédent du Cacao, Le Nigeria, l’Algérie, l’Angola et d’autres producteurs de pétrole sur le continent pourraient pareillement former une entité purement africaine ; s’entendre sur la gestion globale du pétrole africain en termes de quantité et d’offre afin de peser sur et d’influencer le marché international en leur faveur. De même pour les pays producteurs de mines ou de céréales. De tels regroupements constitueraient de bases solides pour ce rêve des Etats Unis d’Afrique qui nous est cher à tous. L Union européenne n’aurait-elle pas commencé avec une certaine Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en1951 avec juste six pays?

Le second point que j’aimerais aborder est celui du bilan purement économique ou mieux encore du bilan des entreprises et des affaires. J’entends parler de « désillusion » dans les articles de la presse internationale. Moi j’irai plus loin et je parlerai plutôt de rétrogression dont seuls les chefs d’Etat africains détiennent le secret. En effet, comment expliquer qu’au moment où nous en avons le plus besoin, que les “Banques De Développement” créées au lendemain des indépendances aient Presque toutes disparues? Je ne voudrais surtout pas  revenir sur le comment elles ont été gérées, ou par qui, ou encore que sont devenus leurs dirigeants etc etc. N’en rajoutons pas à un bilan déjà assez amer comme ça!!! Où sont passés les “Crédits Agricoles” qui étaient destinés au financement de l’économie? J’oublie les sociétés nationales de transport urbain qui, créées pour servir le peuple et faciliter les mouvements des biens et personnes, se sont retrouvées au service des Présidents et de leurs familles, des ministres et de leurs protégés, des DGs et de leurs acolytes… je m’arrête là la liste est bien longue… Ce qui donne lieu aujourd’hui à d’énormes bouchons de part et d’autre des artères des grandes villes sur le continent avec à la clé des accidents de route liés au transport de fortune…

Sans vouloir tomber dans un afro pessimisme -chose que je dénonce, reconnaissons tout de même que ces 50 années d’indépendance ressemble davantage à une régression que même à un statut-quo. Même si personnellement je reste positif et crois fort au progrès de ce continent que je porte cher au Cœur.

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January 1, 2010 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , | 4 Comments

Conférence Sur Le Climat A Copenhague : Le Piège A Eviter …

La 15e Conférence des Nations Unies sur le climat aura donc lieu la semaine prochaine du 7 au 18 décembre 2009 à Copenhague. Au centre des débats, finaliser les négociations en vue d’élargir la convention sur les changements climatiques et conclure le nouvel accord sur le climat qui succédera de fait au Protocole de Kyoto, Protocole de Kyoto par ailleurs signé mais pas ratifié par la puissance la plus polluante, les Etats Unis.

S’il est indéniable que le changement climatique est plus que jamais le sujet du siècle et que ses conséquences auront de sérieux impacts aussi bien sur les économies riches que sur celles émergentes, j’ai tout de même quelques réserves en ce qui concerne les responsabilités des uns et des autres et le prix que chacun devrait payer pour lutter contre ce fléau universel.

Mes réserves sont notamment relatives au piège de la « décroissance » dans lequel pourrait tomber les économies émergentes. En effet, les économies dites riches ont pendant plus de trois siècles endommagé l’écosystème avec non seulement l’exploitation abusive des ressources naturelles tant dans le Nord que dans le Sud, mais aussi avec de massifs programmes d’industrialisation basés sur des modèles  polluants qui ont par ailleurs concouru  à leur essor. Alors, il me semble injuste de la part de ces économies riches de demander aujourd’hui aux économies émergentes de participer à la même hauteur et au même rythme au « paiement de l’addition » pour des dégâts qu’elles (riches) ont causés. Surtout que la plus riche d’entre elles et par ailleurs l’une des plus pollueuses (USA) ne montrait aucune volonté jusqu’à très récemment de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pour sauver la face, Washington a annoncé dans un communiqué que le président Obama promettra lors de la conférence que son pays fera des efforts de réduire à hauteur de 17 % (seulement) à l’horizon 2020 par rapport au niveau de 2005 ses émissions de CO2 ; alors que les Nations Unies pressent les économies émergentes à réduire leurs émissions de 15 à 30 %. De qui se moque-t-on ?

A mon avis, les économies riches devraient prendre leurs responsabilités et surtout qu’elles ne viennent pas nous tenir des discours de promesses d’aides ou transfert de technologie afin d’aider les économies émergentes à s’adapter au vert et à compenser le manque à gagner que cet effort pourrait causer. En passant, où en est-on avec la promesse des 0,7 % du PNB destiné à l’aide au développement ? Combien de pays riches ont jusqu’ici tenu à cet engagement ?

En conclusion, non pas que les économies émergentes doivent se mettre à l’écart du débat, de toute façon elles en souffriront des conséquences puisque le mal est global. Plutôt, le fond de ma pensée est que ces économies (émergentes) doivent rester vigilantes et faire attention au “piège de la décroissance” dans lequel les économies dites riches pourraient les entrainer.

Surtout ne pas baisser la garde !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

December 3, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , | Leave a comment

« Pourquoi Je Crois Aux Progrès de l’Afrique »

Mulongo« Pourquoi je crois aux progrès de l’Afrique »
Ces propos ne sont pas de moi mais du président de l’Association des Banques Centrales africaines et gouverneur de la Banque Centrale de la RDC, Mr Jean-Claude Masangu Mulongo qui vient de publier chez Hachette son dernier livre intitulé ″pourquoi je crois aux progrès de l’Afrique″. Mr Mulongo qui travaille aussi actuellement à la création d’une Banque Centrale et d’une monnaie commune à l’échelle de l’Afrique, se donne pour cela l’horizon 2021.

Il faut dire que je suis particulièrement admirateur de cet optimisme de monsieur le président de l’ABCA …mais entre nous, revenons un tout petit peu sur terre là. Est-ce que le terrain y est propice? Est-ce que les économies du continent ont atteint un niveau de convergence suffisamment avancé ? Et cette monnaie commune à l’échelle de l’Afrique, qu’en est-il de ses aspects purement techniques (sa convertibilité sur le marché des changes, sa parité avec les multiples monnaies déjà existantes sur le continent, sa gestion, etc.)? Bon…arrêtons avec les questions. Encourageons tout simplement le courage et l’optimisme de ce gouverneur qui a quand même, par les mesures qu’il a prises, permis le passage du ″zaïre″ au ″franc congolais″ en RDC. Mais qui a surtout fait baisser de manière drastique l’inflation dans son pays, elle est passée de 500% à 10%. C’est un exploit même si le franc congolais n’est pas convertible.
Au moins un leader africain qui nous rappelle la belle époque des Kwame Nkrumah, Patrice Emery Lumumba, Sékou Touré etc. des figures qui nous ont fait rêver…aujourd’hui Mr Masangu Mulongo pourrait apparaitre aux yeux des cyniques comme un déconnecté de l’économie réelle. Pourtant il peint juste l’image d’une Afrique qui croit à son éveil et qui se tient débout pour braver tous les obstacles au progrès. Alors, soutenons-le !

October 2, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , , | 1 Comment

Les Accords De Partenariat Economique , Quel Est Le Problème?

acp

Il ne se passe quasiment plus de débats concernant les relations entre l’Afrique et l’UE, Les ACP et L’UE, ou tout simplement entre le Nord et le Sud sans le Fameux acronyme APE. Il serait donc peut être temps de faire le point.

Tout d’abord, l’historique:

L’historique:

Les accords de partenariat économique (APE) naissent en fait des Accords de Cotonou qui eux même en 2000 remplaçaient la convention de lomé signée en 1975.

Alors, commençons par le commencement.

En 1975, était signée à lomé la convention régissant les relations politiques et économiques entre les deux blocs UE et ACP (Afrique, Caraïbes, et pacifique). Il se succédait donc une série de conventions de Lomé couvrant chacune une période de cinq ans.

Reconnaissant les différences économiques considérables entre l’UE et les pays ACP, ces accords fournissaient des préférences commerciales et de l’aide aux pays ACP sans exiger d’eux la moindre réciprocité. Les exportateurs des pays ACP obtinrent ainsi un large accès aux marchés de l’UE tandis que les pays ACP conservaient le droit de protéger leurs producteurs de la concurrence des producteurs hautement compétitifs (et très souvent hautement subventionnés) de l’UE.

En 2000, La dernière Convention de Lomé qui arrivait à terme avait été remplacée par l’Accord de Partenariat de Cotonou dont les objectifs principaux étaient de réduire la pauvreté et de promouvoir le développement durable des pays ACP ainsi que leur intégration progressive dans l’économie mondiale.Par ailleurs, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, l’UE et les ACP s’ entendaient pour le maintient du système préférentiel de la convention de Lomé jusqu’à la fin 2007. Puis, de le remplacer par un nouvel Accord de Partenariat Economique (APE) qui soit disant serait compatible avec les dispositions de l’OMC.

Mais pourquoi les pays ACP n’ont-ils pas su beneficier des préférences commerciales que leur accordaient pourtant la convention de Lomé et les accords de Cotonou? Y’aurait-il eu des points d’ombre dans ce sytème dit préférentiel?

S’il peut être reproché aux pays ACP de n’avoir pas su tirer profit du système préférentiel des accords de Lomé et de Cotonou afin de mieux se preparer pour les APE en 2008. Force est tout de même de reconnaître que sous ces accords, ce qu’il convient d’appeler “Les barrières non tarifaires” reprenaient tout leur sens. En effet les Pays ACP devaient faire face non seulement à des règles d’origine très strictes, qui limitaient donc le nombre d’exportations pouvant bénéficier d’un traitement préférentiel; mais également les ACP devaient faire face au renforcement continu des mésures sanitaires et phytosanitaires (SPS) qui entravaient donc l’accès de leurs exportateurs aux marchés européens; dernier point d’ombre, les ACP devaient aussi faire face à la progressivité des tarifs sur certaines productions clés. Ce qui conduisit par exemple à l’imposition de droits de douane plus élevés sur les produits transformés (comme le café instantané) que sur les matières premières (telles que les grains de café). Ce qui eut pour conséquence, de décourager les pays ACP à transformer leurs propres produits, et donc à se limiter à une économie de rente.

En outre, la lenteur sinon le manque de volonté des réformes des politiques agricoles européennes signifie que, même s’ils parvenaient à exporter vers l’UE, les exportateurs des pays ACP auraient été confrontés à la concurrence déloyale de producteurs européens hautement subventionnés. Ce qui de fait, vide de tout son sens l’aspect “promotion du développement durable et intégration progressive des ACP dans l’économie mondiale” tel que décrit et voulu dans les accords de Cotonou.

Arriva donc le tour des APE!

Et si on allait tout droit au but: quels problèmes causent ces accords de partenariat économique? J’en perçois principalement trois.

Numero uno:

Les agriculteurs et les producteurs des pays ACP qui sont (et ceci n’est plus une nouvelle) parmi les plus pauvres du monde, ces producteurs seront soumis à la concurrence directe et inégale des producteurs européens plus efficaces et hautement subventionnés.

En effet, si d’un côté les consommateurs des pays ACP pourraient bénéficier d’une gamme plus large de biens et services bon marché devenus accessibles grâce à la libéralisation commerciale, d’un autre côté les APE mettraient en danger les moyens d’existence de la population dans des secteurs agricoles et industriels clés. La suppression des barrières douanières à l’importation de produits européens mettra en effet en concurrence directe les produits (souvent hautement subventionnés) d’une des régions les plus avancées économiquement avec ceux des producteurs de certains des pays les plus pauvres du monde. Et donc entrainerait la fermeture de petites usines (leurs produits devenus trop chers pour le consommateur); des éléveurs qui devront mettre la clé sous la porte car ne pouvant compétir avec soit du poulet Belge importé dix fois moins cher, soit avec du porc exporté pour excès et donc bradé sur les marchés ACP. Conséquences, des familles qui se retrouveront sans emploi et donc sans revenus, la pauvreté qui augmentera indiscutablement etc. La cérise sur le gâteau: ces ex- agents économiques producteurs ACP se retrouveront contraints à consommer ce qui jadis causa leur déclin. A yayaye!!!!

souvenons nous de la sagesse qui dit: “malheureux sont les peuples qui consomment ce qu’ ils ne produisent pas, car ils seront dépendant à vie”

secondo:

Les gouvernements ACP vont perdre une part substantielle de leurs revenus ainsi que nombre des instruments de politiques publiques dont ils ont besoin pour promouvoir leur développement économique et social.

En effet, la plupart des gouvernements ACP sont fortement dépendants des rentrées douanières pour augmenter leurs recettes publiques. La Banque mondiale estime encore qu’en Afrique sub-saharienne par exemple, les recettes douanières représentent en moyenne entre 7 et 10% des revenus fiscaux de l’Etat. De l’autre côté, Les produits de l’UE représentant près de la moitié des importations totales de l’Afrique sub-saharienne, éliminer les droits de douane sur les produits européens réduirait donc considérablement les recettes douanières de ces pays. Ces pertes auraient indéniablement des conséquences séri
euses sur le budget de ces Etats. Car s’ils ne parviennent pas à compenser ces pertes en augmentant d’autres sources de prélèvements, les pays ACP auront à réduire leurs dépenses globales. Et cela pourrait mettre en danger non seulement les programmes de développement, mais aussi des coupes dans les investissements en matière de santé et d’éducation. Et donc, ces pays resteraient des pays pauvres très endettés à vie!

Terzo:

Avec ces APE, l’intégration régionale entre pays ACP risquerait d’être sévèrement affectée. Comment?

En effet, les APE tels que presentés aujoudh’ui risqueront de faire éclater les regroupements régionaux existants et forcer même certains pays ACP à choisir d’autres organes regionaux par le biais desquels ils négocieront avec l’UE au détriment le plus souvent des groupes regionaux auxquels ils appartiennent déjà. C’est particulièrement le cas en Afrique australe et orientale, où les Etats parties au Protocole sur le commerce de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se sont divisés en trois groupes de négociations: Seize des membres de la SADC et du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) négocient avec l’UE sous la bannière du groupe des pays d’Afrique orientale et australe (ESA) ; la République démocratique du Congo négocie au sein du Groupe Afrique centrale ; tandis que le reste des membres de la SADC (les membres de l’Union douanière de l’Afrique australe que sont le Botswana, le Lesotho, la Namibie, et le Swaziland, ainsi que l’Angola, le Mozambique, et la Tanzanie) négocient un APE totalement distinct dans le cadre du groupe SADC. En outre, les trois Etats de la Communauté est-africaine (EAC) (l’Ouganda, le Kenya, et la Tanzanie) sont divisés entre les groupes de négociations SADC et ESA.

Problème: Parce que les pays ACP (en l’occurrence ceux de l’Afrique australe et orientale) ont des priorités différentes en ce qui concerne les secteurs qu’ils souhaitent protéger de la concurrence à l’importation et préserver comme source de recettes douanières, il est possible que chaque membre d’un APE choisisse des produits différents à libéraliser. Ainsi, si le Kenya par exemple choisit de ne pas libéraliser la farine et maintient ses niveaux tarifaires sur ce produit mais que l’Ethiopie (qui comme le Kenya fait partie du COMESA mais qui négocie au sein d’un groupe different de celui du Kenya) supprime tous ses droits sur la farine, les commerçants pourront contourner les restrictions établies par le Kenya en important depuis l’Ethiopie des biens bon marché (et potentiellement « bradés ») importés d’Europe. Conséquences, pour éviter ce type d’opérations de countournement, il faudrait alors établir des contrôles rigoureux aux frontières (entre Etats du même groupe régional) pour différencier les produits ayant une provenance locale de ceux initialement importés d’Europe. L’imposition de telles procédures douanières et de contrôles du respect des règles d’origine coûteux en temps et en argent tendrait à renforcer plutôt qu’à réduire les barrières au commerce intra-régional.

L’autre cas similaire, c’est celui de la CEMAC en Afrique centrale où le Cameroun, bien que membre de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, ait signé un accord de libre-échange avec l’UE. Cet accord bien entendu, n’inclut pas de façon formelle les autres membres de la CEMAC — le Gabon, le Cogon, le Tchad, la République centrafircaine et la Guinée équatoriale — mais son impact sur eux est indéniable, ce qui en fait des membres de facto. En effet, en raison des accords de libre échange qui lient les membres de la CEMAC, ces cinq autres pays veront donc leurs marchés nationaux inondés par des produits européens bon marché provenant du Cameroun (qui constitue par ailleurs à travers son port de Douala, la porte d’entrée des importations pour bon nombre de pays de la sous region). Cette situation pourrait donc provoquer une chute considérable des recettes douanières de ces autres pays de la CEMAC qui n’auraient pourtant pas signé les APE; à moins qu’ils (ces autres pays de la CEMAC) n’implimantent des contrôles douaniers stricts et coûteux pour filtrer les produits provenant de l’UE via le Cameroun. Ce qui mettrait en mal les efforts d’intégration de la sous region déjà fragiles.

Au finish, non seulement les APE menacent les producteurs, les secteurs d’activités économiques existants, les efforts d’intégration régionale, mais ils pourraient aussi considérablement saper à terme la capacité des gouvernements ACP à soutenir le développement économique futur de leur pays.

A ce jour, pratiquement tous les pays qui se sont développés ont mis en oeuvre une politique tarifaire pour aider leurs petites entreprises à progresser vers des stades plus avancés dans la chaîne de production de valeur, évoluant progressivement vers des industries de transformation et de fabrication. Cela implique de faire varier les droits de douane en fonction des besoins de l’économie et des priorités de développement au niveau national ou régional. Vous me répondriez sûrement que le libre échange et la mondialisation font partie du processus de développement. Faut-il encore que ce libre échange soit “fair”! Car le libre échange proposé par l’UE est tout sauf un libre échange à armes egales et respectueux des normes internationales; vue la politique de subvention des producteurs européens contraire aux règles et dispositions de L’OMC.

Je pense donc que si l’UE est tant soucieuse du libre échange et du respect des dispositions de l’OMC (puisque tel est son argumentaire pour les APE), alors qu‘elle (UE) commence par éliminer ses subventions aux agriculteurs condamnées maintes fois par L’OMC. Et peut être qu’elle pense aussi à lever ses taxes douanières sur les produits chinois (notamment le textile) et à commencer à négocier des accords de libre échange avec la Chine qui produit à des coûts nettement moins élevés que l’UE. À ce moment, et à ce moment seulement, les pays ACP considéreront la signature des APE.

Attention, les gens vous regardent!

May 25, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , , | 10 Comments

Partenariat Sino-africain: L’Erreur A Ne Pas Commettre !

L’Afrique commettra t-elle encore l’erreur d’omettre d’imposer le transfert de technologie et du savoir faire dans les contrats qu’elle passera avec l’empire du milieu comme cela fut le cas avec les puissances occidentales ?

Le continent se laissera t-il une fois encore aveugler par de l’argent frais et par quelques constructions de ponts, stades et routes par-ci par là ?

Très prochainement…en pleine réflexion !

May 18, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , | 1 Comment

Et Si La Bourse Etait La Solution…

bourse

La Bourse: une source du développement en Afrique, réalité ou mirage?

s’il serait ambitieux de prêter à la Bourse des qualités d’une panacée en matière de financement de l’économie en Afrique, il faut tout de même reconnaitre que de plus en plus, les pays africains sont conscients de la nécessité de disposer de capitaux privés (nationaux et étrangers) pour financer leurs économies et donc accélérer leur développement. Et même si la situation est loin d’être identique en tous points du continent, elle y  est cependant encouragée par des fondamentaux économiques qui s’améliorent depuis quelques années sur la quasi-totalité du continent (diminution de l’inflation et de la dette publique, reprise de la croissance, stabilité du taux de change et des taux d’intérêts, réajustement de la balance de paiement et réserves de change en augmentation constante). Des performances qui ont motivé Le Corporate Council -qui regroupe quelque 190 sociétés américaines implantées en Afrique- à inviter les investisseurs à considérer « sérieusement » les nouvelles places financières de l’Afrique comme étant un lieu où il est bon d’investir.

L’Etat des lieux donc…

A l’heure actuelle, il existe vingt et une Bourses en activité sur le continent : huit en Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Malawi, Mozambique, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe), trois en Afrique de l’Ouest ( Nigeria, Ghana et Côte d’Ivoire), cinq en Afrique de l’Est et dans l’océan Indien (Kenya, Ouganda, Soudan, l’île Maurice et Tanzanie), quatre en Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc et Egypte), deux en Afrique Centrale dont une en activité (au Cameroun) et une sans activité (au Gabon) . La capitalisation totale de ces places financières africaines s’élevait à 1 127 milliards de dollars fin 2007. Source : La Vie Financière

Alors, comment l’Afrique pourrait s’en servir pour son développement ?

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) reconnaît que, les marchés boursiers, ainsi que les autres sources de financement, pourront je cite « promouvoir l’expansion des entreprises privées et par suite une croissance plus forte des économies nationales ».

Et même si certains experts estiment que les liens entre bourses et développement sont encore inexistants et qu’il faut d’abord s’attaquer à la pauvreté ; Mark Malloch Brown, ancien administrateur du PNUD (1999-2005), soulignait cependant que le développement des marchés d’obligations et d’actions en Afrique est l’un des moyens essentiels de constituer un capital national, de développer le secteur privé et d’inverser la fuite des capitaux. Facteurs, selon lui, généralement reconnu comme important (bien qu’insuffisant) de la réduction d’une pauvreté endémique.

Personnellement, je crois sincèrement que la Bourse est un levier de développement certain. Surtout que ses critères rigoureux et sélectifs d’éligibilité pousseront de fait les entreprises en Afrique à développer la bonne gestion, l’esprit de compétitivité et l’excellence. Sans omettre que L’Etat ou encore les collectivités territoriales dans les villes pourront aussi en bénéficier ; en ce sens qu’ils pourront recourir aux emprunts obligataires publics comme ce fut le cas de la CUD (Communauté Urbaine de Douala) qui avait émis un emprunt obligataire en 2005 sur la DSX (Douala Stock Exchange). A l’époque, l’opération avait connu un franc succès et avait permis à la CUD de lever presque 10 milliards FCFA. Source : http://www.afritude-portal.net/

Pareillement, une société privée,  à l’occasion  d’une augmentation du capital social, pourrait recourir  soit aux emprunts obligataires ou à la vente de ses actions en Bourse. Ainsi, le financement se ferait directement épargnant-entreprise sans intermédiation financière/bancaire. Ce qui réduirait le temps et les coûts de financement.

Cerise sur le gâteau, l’accès direct à ces capitaux nationaux et étrangers générera indiscutablement de emploi sur le continent, qui de fait aboutira à l’amélioration des niveaux de vie et donc à la réduction de la pauvreté.

Quelques petits soucis persistent cependant

Hélas, la mise en œuvre des places boursières en Afrique s’est très souvent accompagnée (et on commence à s’y habituer) d’un nationalisme très exacerbé. Nationalisme qui a abouti à l’existence d’un trop grand nombre de places financières sur un continent qui ne compte pas assez d’entreprises. Le cas  le plus patent  et le plus triste est celui de l’Afrique Centrale où nous avons une Bourse dite régionale, la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) basée au Gabon choisie par la CEMAC, mais qui depuis son lancement n’a encore connu aucune cotation car n’ayant pas reçu la bénédiction du confrère -plein d’orgueil- camerounais. Et du coup il s’est crée à Douala au Cameroun une autre Bourse des valeurs mobilières (DSX) avec jusqu’aujourd’hui une seule cotation. Bon…

De plus, l’influence de l’environnement politique est souvent très importante sur le continent. Par exemple, alors que la transition réussie de 2004 lui avait largement profité, la Bourse du Kenya a été très affectée par les troubles ethniques de 2007, allant jusqu’à suspendre ses cotations en janvier 2008. Pareillement, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) située à Abidjan, Bourse régionale de huit pays francophones de la Zone franc (UMEOA), a pâti de la violence ambiante alors qu’elle devrait être une locomotive dans la sous région vue sa position de premier exportateur de cacao…hélas!

Aussi, les handicaps purement boursiers ne doivent pas être négligés : les marchés financiers en Afrique ne sont ouverts que quelques heures par jour (souvent juste deux heures), les plates-formes électroniques ne sont pas harmonisées, les systèmes de règlement-livraison et de compensation manquent de fiabilité, les commissions de Bourse restent trop onéreuses. Vous me diriez que nul besoin de les avoir ouverts pendant de longue durée coûts de maintenance obligent, au regard des transactions sporadiques et infimes enregistrées …le débat est donc ouvert !

D’un point de vue juridico-économique, les pays africains souffrent d’un climat des affaires qui n’inspire pas toujours confiance : les informations publiées par les sociétés sont rarement exhaustives et fiables, pas d’audits externes, un faible taux d’épargne, aggravé par le fait que les investisseurs locaux préfèrent les intérêts aux dividendes or le marché obligataire est embryonnaire. En outre, les résidents les plus fortunés qui souhaitent acquérir des actions le font sur les marchés boursiers occidentaux plus sûrs et plus rémunérateurs.

Il faut aussi dire que le nombre restreint d’entreprises présentes en Bourse n’est pas pour attirer les investisseurs. Ainsi, Douala ne compte qu’une société inscrite à la cote, Alger et Maputo deux chacune, Kampala cinq, le Swaziland et la Tanzanie six. Trois autres marchés en recensent moins de 12, huit moins de 52, Tunis ayant atteint le nombre de 51 fin 2007. Restent donc les quatre plus grandes places : Casablanca avec 71 sociétés, Lagos avec 207, Johannesburg avec 389, dont 30 entreprises étrangères, et Le Caire et Alexandrie avec 595 sociétés mais aucune étrangère. Le cas du Caire est paradoxal car le CASE recensait 740 sociétés en 2005, mais les autorités égyptiennes ont décidé de retirer de la cote les entreprises les moins performantes. Source : La Vie Financière

L’autre souci, qui pour moi serait davantage un piège à éviter, c’est la dépendance des Bourses du continent aux matières premières qui de fait, fragilisera très sérieusement ces marchés. En effet, cette prédominance des sociétés spécialisées dans les matières premières  signifierait que toute baisse des cours mondiaux aurait de fortes répercussions sur les indices les plus représentatifs de ces places financières. Lesquelles places seraient donc soumis à la grande volatilité des marchés des matières premières qui par ailleurs échappe au contrôle des africains.

Raison pour laquelle, il serait impératif que d’autres secteurs dans l’industriel, la distribution, la finance, les investisseurs institutionnels, et surtout la téléphonie mobile & les TCI (secteur très porteur) commencent à s’introduire en Bourse si le continent ne veut pas louper cette autre chance d’espoir au développement.

Je conclus cet article en ouvrant un autre débat. Débat sur l’harmonisation et le regroupement des places financières en Afrique…ce qui serait à mon avis l’une des solutions pour faire face aux difficultés mentionnées ci-dessus. A suivre…

May 18, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , | 1 Comment

FMI, BM, UE, et les Economies Africaines: De nouveaux paradigmes de développement?

EGYPT-EU-AFRICA-SUMMIT-DIPLOMACY

FMI, BM, UE, et les Economies Africaines: Après la crise financière mondiale due à un excès de libéralisme, y’aurait-il du positif quant aux leçons à tirer?Vers de nouveaux paradigmes de développement?

S’il est vrai que la crise financière/ économique mondiale a eu de nombreuses conséquences désastreuses de part le monde: fermeture de grosses firmes telles que Lehman brothers, Northern Rock; licenciements massifs, saisie immobilière etc. et pour l’Afrique: réduction de l’aide étrangère, réduction des flux de capitaux étrangers et des flux de transferts de la diaspora, chute des cours des matières premières, etc. Il faut tout de même lui reconnaître (à la crise) le mérite de remettre à l’ordre du jour le débat sur les politiques de développement du FMI, BM, EU en Afrique.

Commencons donc par planter le décor: Lorsque cette crise financière atteignit son paroxysme, nous avons vu les Etats occidentaux courir aux chevets des entreprises à travers d’énormes plans de relance (AIG, Chrysler, Ford) aux Etats Unis, on a même parlé de nationalisation dans le cas de la Northern Rock en Grande Bretagne. Si en Afrique, nous n’en sommes pas encore à ces cas extrêmes, les effets generalisés de cette crise dans les économies dites ‘avancées’ devrait tout de même interpeller les leaders africains à repenser le développement du continent et donc à questionner si besoin y’en avait encore, les politiques imposées par ces institutions internationales extrêmement libérales qui vise à faire de l’Afrique la chasse gardée des multinationales et à anéantir tout rôle de l’Etat. L’Etat qui par ailleurs reprend bien du poil de la bête dans ces économies dites développées où de plus en plus l’Etat redevient le pourvoyeur principal de capitaux.

Me faisant porte-parole le temps d’une reflexion, je me pose et pose les questions suivantes:

Ne faut-il pas pour l’Afrique, penser à un paradigme de développement hybride qui donnerait à l’Etat non seulement le pouvoir d’assurer son rôle régalien, mais aussi d’avoir un controle sur les entreprises nationales qui assument le bien être des populations c’est à dire les companies nationales d’eau, d’électricité et de gaz. Contrairement à la pensée FMIenne qui prône plutôt leurs privatisations?

Vous me répondriez sûrement que, rien ne garantit un bien être sous la gestion des companies nationales controlées par l’Etat.

Alors, je pense que la bonne gouvernance et la bonne gestion des deniers et des comptes publics devraient être l’un des piliers centraux de ce nouveau paradigme. Bien sûr en supposant que nos chefs d’Etat se soucient en premier du peuple (c’est un autre débat).

L’autre aspect très important du nouveau paradigme hybride, aspect qui serait de connivence avec la philosophie du FMI et de la BM, serait l’émergence et la promotion d’un secteur privé fort financé à la fois par des capitaux nationaux et étrangers. Ceci passerait forcément par un système financier/boursier et bancaire bien structuré et bien régulé. Un secteur privé focalisé sur les industries de pointe, de nouvelles technologies, de services et de distributions.

Ce jumelage d’un service public assaini et protecteur du citoyen, et d’un secteur privé consistant financé directement (via la bourse) par de capitaux nationaux et étrangers serait peut être salutaire pour le développement durable du continent.

En passant, ne serait-il pas grâce à ce type de modèle hybride que la France résiste mieux aujourd’hui à la crise, comparée à ses voisins allemand et anglais?

A bon entendeur, salut!

May 3, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , | 3 Comments

Question De Développement…L’Importance De La Société Civile.

L’une des questions qui revient de plus en plus au centre des débats relatifs au développement est celle de la participation ou non des organisations de la société civile comme partenaires au processus de développement.

Très souvent, nous assistons à la fracture entre d’un côté le monde des experts institutionnels ou professionnels, essentiellement des économistes, statisticiens et comptables nationaux, et de l’autre côté le monde des citoyens, de leurs organisations volontaires et de leurs institutions démocratiques. Il existe pourtant de nombreuses raisons qui militent en faveur de la participation citoyenne à ces débats, en dialogue bien sûr avec les nécessaires experts de profession. Si les derniers (les experts de professions) ont comme atouts principaux leur maîtrise de méthodes scientifiques parfois complexes (d’autant plus d’ailleurs qu’ils ne font pas toujours ce qu’il faut pour les rendre accessibles) et une bonne connaissance des expériences et initiatives existantes ; les citoyens ou mieux encore les organisations de la société civile ont eux aussi des avantages considérables : tout d’abord, ils disposent d’informations « de terrain » que ne fournissent pas toujours les enquêtes statistiques et les théories des experts institués. Ils portent des valeurs pour lesquelles ils militent et ils savent ce qui, dans le débat public, fait mouche, et ce qui compte le plus pour les gens qu’ils côtoient et parfois qu’ils représentent. Ils sont des témoins fréquents du bien-être et du mal-être, des aspirations au mieux-vivre, et ils sont souvent des militants de l’urgence de mesures écologiques. Enfin, ils peuvent se former et accéder en partie aux savoirs techniques essentiels.

Alors, en ne mettant pas la société civile dans le coup, on se prive de savoirs et de valeurs qui comptent, et donc on court le risque d’aboutir à des indicateurs qui reflètent mal les aspirations du peuple. Qui plus est, en se privant de ces points de vue, on laisse toute liberté aux experts institués de construire des indicateurs qui intègrent leurs propres valeurs et représentations du progrès, ce qui jusqu’à l’heure n’a pas sorti le tiers monde de son état de tiers-mondiste.

L’autre aspect positif souvent oublié de la participation de la société civile est la fiabilité et l’efficacité de la gestion de l’aide au développement. Sans vouloir glisser dans les débats de chiffres, reconnaissons tout de même que si l’aide au développement jusqu’ici allouée aux pays pauvres à travers leurs gouvernements était vraiment utilisée pour des projets de développement, bien de pays ne seraient pas en ces années 2000 à tendre de nouveau la main …vous me diriez qu’ils la tendent non plus à l’Occident mais plutôt à la Chine. D’où le progrès. Je vous concède cela…

Je finis donc cet article en pensant que l’implication des organisations de la société civile comme partenaires au développement est à coup sûr un moyen d’éviter des évaluations ou mesures non populaires, sinon impopulaires. Surtout qu’avec ces organisations, l’argent destiné au financement et au suivi des projets de développement court moins le risque de se retrouver dans les paradis fiscaux, les comptes bancaires secrets, les investissements offshore et que sais-je encore !

May 2, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , | Leave a comment