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Rencontre Chine – Etats-Unis: Monnaie Et Politique De Change Au Cœur Des Discussions

Ce matin donc commençait la visite officielle du président chinois Hu Jintao aux Etats-Unis où il a été reçu dans la journée par son homologue américain Barack Obama.

Comme de coutume, dans ce genre de rencontre, la conférence de presse est de mise avec ses courtoisies, le respect mutuel, des compliments partagés etc etc… Pourtant en toile de fond on dirait deux experts de la Finance Internationale : l’un prônant un système de change totalement décidé par les forces du marché et donc totalement flottant, Barack Obama pour ne las le citer ; et l’autre bien qu’implicitement, défendant un change relativement contrôlé avec une marge de fluctuation très étroite.

Alors pour mieux comprendre les enjeux sous-tendant les positions de l’un comme de l’autre, je me suis prêté au jeu « avantages & inconvénients » de chacun des systèmes.

Si les avantages d’un système de change flottant – correction automatique, moins de problèmes de liquidités internationales et de réserves, commerce international mieux équilibré, protection automatique vis-à-vis des chocs externes- font quasiment l’unanimité de nos jours ; les avantages attribués à un système de change fixe ou contrôlé ne seraient pas aussi nocifs à l’économie à en croire Hu Jintao.

Tout d’abord la politique chinoise de change…

Depuis le 1er Janvier 1994, le Yuan chinois est ancré au Dollar américain sur la base d’une parité fixée à 8,277 yuan pour un dollar avec une marge de fluctuation très étroite (+/- 0,3%). Depuis 1994, la monnaie est convertible mais pas pleinement et les mesures de contrôle des changes sont extrêmement strictes avec pour objectif principal le maintien de la stabilité monétaire permettant de garantir une croissance élevée et une « prospérité sociale ». Entre autre mesures, la banque centrale chinoise est dans l’obligation d’acheter ou de vendre du dollar – fonction de la situation – pour maintenir la parité fixe yuan/dollar. Et bien sûr la maintenir à un niveau sous évalué.

Aussi, la chine par des lois taillées sur mesure, non seulement n’autorise pas les résidents étrangers, en particuliers les traders et banques américaines à investir des capitaux en chine, mais en plus rend l’action de ces derniers pratiquement  impossible sur les marchés des changes et de capitaux chinois. Car si ceux-ci parvenaient à placer librement leur dollars désormais bon marché (dollar américain) en chine comme ils le font au Brésil ou en Inde afin de percevoir des rémunérations relativement élevées que celles qu’ils percevraient en plaçant ces fonds aux Etats-Unis ; ceci aurait pour effet  à termes d’accroitre la demande du yuan chinois et si soumis à la loi de l’offre et de la demande, d’accroitre sa valeur.

Mais pour défendre ces mesures, Hu Jintao vous dira par exemple, qu’en maintenant son change sous-évalué et à parité quasiment fixe avec le dollar, entre autre bénéfices au delà des exportations bon marché, la chine offre pour les entreprises étrangères un cadre plus certain aux affaires. En effet, lorsque les taux de change sont moins volatiles, le commerce est beaucoup moins risqué dans la mesure où les profits, une fois rapatriés, ne sont pas altérés par les variations. Ceci justifierait donc entre autre raisons, la préférence chinoise de plusieurs multinationales occidentales lorsqu’il faut relocaliser (‘offshoring’). Et pour le président Obama, comme pour d’autres décideurs de par le monde, ceci serait une forme de concurrence déloyale.

Un autre bénéfice de ces mesures serait que le yuan chinois fait moins l’objet de spéculations car les potentiels spéculateurs ne prévoient pas de variations significatives de la monnaie. Et du coup, parce que moins exposé, moins attaqué et donc plus stable, le yuan pourrait commencer à bénéficier de la confiance des traders et institutions financières. Ceci causerait de fait quelques petits soucis au dollar américain et aux autorités américaines qui depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale savourent bien les avantages que leur confère le status de monnaie de réserve internationale… [Je vais peut être un peu trop vite en besogne….mais bon !].

Donc, en plus de la compétitivité affichée que lui apportent la stabilité et la sous-évaluation de son change, la chine aurait bien d’autres raisons inavouées…

Et pourquoi d’autres Economies ne suivent-elles pas les méthodes chinoises ?

Si tout le monde venait à agir comme la Chine, les premières Economies à subir seraient probablement les grandes Economies elles mêmes (Eurozone, USA, GB …) et ensuite les pays très pauvres. Comment ? En ceci que pour soutenir une croissance mondiale, il faut qu’elle soit accompagnée par un niveau de liquidités internationales approprié (Euro, Dollars, Livres sterling, etc.). Alors si les pays émetteurs de ces devises internationales venaient soit à restreinte/ soit à trop émettre celles ci afin de satisfaire leurs besoins de compétitivité, cela conduirait indiscutablement soit à un ralentissement de l’activité économique mondiale dans son ensemble, soit à une inflation au niveau mondial.

Deuxièmement, si la politique compétitive chinoise était adoptée par tout le monde, cela conduirait inévitablement à des mesures protectionnistes du « chacun pour soi »  ce qui à son tour engendrait des crises généralisées, une limitation de la croissance mondiale et au pire à une récession mondiale.

Mais la chine pourra-t-elle indéfiniment poursuivre cette politique du contrôle de change ? Quels risques coure-t-elle ?

Je commencerais par le risque de l’incapacité de répondre aux chocs. En effet, avec un régime de change fixe, lorsque les prix et le taux de salaire sont rigides, les marges de manœuvres permettant de faire face à des crises soudaines de la balance des paiements – comme celles causées par une augmentation brutale des prix du pétrole, sont très étroites. Hu Jintao me répondra surement que pour le moment, la china à un excédent commercial avoisinant les 11% du PIB…no comment.

Mais à très long terme, cette politique du contrôle du taux de change pourrait entrer en conflit avec les intérêts du monde des affaires et même ceux de l’économie nationale : la chine dépendant en majorité de ses exportations, elle pourrait voir à la faveur d’un choc externe (par exemple, une récession dans les pays importateurs, donc une baisse de la demande des produits chinois, ou du simple fait du durcissement de la concurrence étrangère) apparaitre une détérioration de sa balance des paiements. Le taux de change étant fixe, le pays perd de fait sa compétitivité…

A mon avis, si la Chine souhaite un jour jouer un rôle plus important dans la sphère financière internationale, elle devrait pour cela peut être, commencer par revoir l’ancrage du Yuan au dollar avec une nouvelle valeur de parité, élargir les marges de fluctuation du yuan vis-à-vis du dollar (+/- 5 à 7% par ex.) et à termes laisser fluctuer le yuan au gré des forces du marché. Ce d’autant plus que selon les experts, le yuan serait sous évalué de 15-25% à 60-70%. Et peut être aussi, la chine devrait commencer à penser à l’ancrage du yuan à un panier de devises plus large (dollar, euro, yen par ex.).

Il faut tout de même avant de conclure, noter que d’autres grandes puissances y compris les Etats-Unis interviennent quoique qu’indirectement, sur les marchés des changes afin de positionner leur monnaie en harmonie avec les objectifs de politique économique nationale.

A lire aussi :

Towards a new global reserve currency…the end of the U.S. dollar?

January 19, 2011 Posted by | Articles In French, International Economics, International Finance | , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments

Déficit Public Annuel Inférieur À 3% du PIB, Un Luxe Pour La Zone Euro ?

1ier janvier 1999, c’était parti, la zone euro était lancée ! Et pour faire comme les grands, elle s’était dotée d’un parterre de conditions spécifiées dans ce qui convient d’appeler le « Protocole sur les critères de convergence ». Critères de convergence dont l’un des piliers centraux est le rapport entre le déficit public annuel et le produit intérieur brut (PIB) qui ne doit pas dépasser 3 % à la fin du précédent exercice budgétaire.

Vous avez dit 3% ? Bien !

Alors, comment expliquer les chiffres ci-dessous ?

Grèce, déficit public 2009, 12,7% du PIB

Espagne, déficit public 2009, 11,2% du PIB

Portugal, déficit public 2009, 8% du PIB

France, déficit public 2009, 7,9% du PIB ….

………. Belgique, déficit public 2009, 5,9% du PIB; Italie, déficit public 2009, 5,3% du PIB et Allemagne, déficit public 2009, 3,4% du PIB.

Source : Commission européenne

http://www.touteleurope.fr/fr/actions/economie/euro/presentation/comparatif-le-deficit-public-dans-la-zone-euro.html

Plus grave, des révélations récentes font état des chiffres truqués publiés par le gouvernement grec sur la situation de ses finances publiques. En effet,  et je me prononce avec réserve, il semblerait que les chiffres officiels avancés jusqu’à présent par le gouvernement grec étaient tous faux. L’exemple le plus patent est le déficit public qu’il avait annoncé être à 6% du PIB pour 2009, alors qu’en réalité il se trouvait à 12,7%. Un ancien dirigeant de la banque centrale grecque, Mr Panayotis Thomopoulos pour ne pas le citer, déclarait même récemment et je le cite : « Ici, la fraude est un sport national » bon, au moins un qui est honnête !

C’est à se demander à quoi servent les institutions statistiques européennes en l’occurrence Eurostat, la Banque centrale européenne et la direction générale des affaires économiques et financières de la commission européenne ?

Mais par-dessous tout, ce qui a surtout retenu mon attention dans cette affaire euro-européenne,  c’est la prétendue solidarité bilatérale et / ou institutionnelle  (française et allemande) promise lors du sommet qui s’est tenu très récemment le 11 février 2010 à Bruxelles et dont l’objectif était de sauver la Grèce. Franchement, la France ? Parle t- on du pays dont le déficit public devrait s’envoler à 8,3% du PIB en 2010 ? Non seulement donc bien au delà des 3% requis, mais pire que 2009 !

Franchement, ne faut-il pas plutôt pour l’euro-zone penser à une dévaluation de leur monnaie? Vous me répondriez sans doute qu’il ne s’agit pas du Peso de l’Amérique latine ou du franc CFA de l’Afrique francophone dont les déficits publics atteignent les 30, 40, voire souvent 50% du PIB. Je vous le concède !

Bien que comparaison ne soit pas raison, et toute proportion gardée, admettons quand même que les situations sont similaires : déficit budgétaire, endettement public, taux de chômage élevé, balance commerciale déficitaire, mauvaise gestion des finances publiques, avec comme cerise sur le gâteau,  fricotage des données publiques !!!

Sérieux, si c’avait été le Mexique, l’Argentine ou le Burkina-Faso qui présentait de tels manquements, Monseigneur  FMI (dont les décideurs ne sont autres que princesse zone-euro et Prince USA) préconiserait déjà une dévaluation « compétitive » et des programmes d’ajustement structurel afin de rétablir les finances publiques.

Alors Sa Séniorité FMI, qu’en est-il du cas grec ? Ou mieux encore du cas zone-euro ?

J’entends parler qui de souveraineté européenne, qui d’interventionnisme américain si le FMI venait à s’y impliquer… alors on préfère ne pas faire appel à ses services.

Oh chère Europe, « ce qui arrive aux autres commence déjà à nous arriver » !

February 23, 2010 Posted by | Articles In French, Economics, International Economics, International Finance | , , , , , , , , | 6 Comments

OUI OU NON A L’ETALON-OR?

Veuillez vous référer à la version anglaise pour le moment.

https://lambertmbela.wordpress.com/2010/01/02/gold-standard-yes-or-no/

 

January 2, 2010 Posted by | Articles In French, Economics, International Economics | , , , , , | Leave a comment

1960 – 2010 : 50 ANS D’INDEPENDANCE, L’HEURE DES BILANS ET DES RESOLUTIONS.

Alors, les bilans ! J’aurai plutôt tendance à parler des résolutions ou encore peut être de ce qui devrait se faire pour que les choses aillent mieux. Car faire les bilans de ces 50 ans d’indépendance risquerait me plonger dans un afro-pessimisme dont je ne partage pas toujours la philosophie.

Alors on va essayer de rester positif et élaborer plutôt des propositions quant à l’avenir.

Le point qui retient le plus mon attention est celui du bilan politico-économique notamment sur un modèle de développement et ou d’organisation propre au continent.

Dans un article que j’ai publié en Mai 2009 (https://lambertmbela.wordpress.com/2009/05/03/fmi-bm-ue-et-les-economies-africaines-de-nouveaux-paradigmes-de-developpement/) j’explore la nécessité d’un paradigme de développent qui, à contrario des doctrines FMIennes et de la BM, serait plutôt un modèle “hybride” de gouvernance. Un modèle qui jumellerait un service public assaini et protecteur du citoyen, et un secteur privé consistant financé directement (via la bourse) par de capitaux nationaux et étrangers.

A mon avis, après 50 ans d’échec à la fois des institutions internationales et de nos dirigeants qui par ailleurs, non seulement manquent de vision et d’amour pour leur nation et peuple, mais aussi et surtout sont davantage motivés par leurs intérêts personnels. Vous me diriez que ce n’est pas nouveau et vous avez raison.

A mon avis donc, il serait temps pour le continent -du moins l’Afrique francophone- de se redéfinir tant sur le plan politique que sur celui économique; de repenser la façon dont elle se vend et elle passe des contrats avec le reste du monde; de réévaluer ses atouts et comment ceux ci pourraient peser sur les relations internationales. Je pense notamment aux matières premières comme le cacao dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun, respectivement 1ier, 2ème, 4ème et 6ème producteurs mondiaux (60 % de la production mondiale). Ces pays pourraient se regrouper afin de peser et d’influencer en leur faveur sur le prix international du cacao. Dans le même ordre d’idées, après 50 ans d’Etat-nations, il serait peut être aussi temps de comprendre qu’avec plus de 50 pays, l’idée des Etats Unis d’Afrique ou Union africaine (c’est comme vous voulez) en un seul coup est assez platonicienne voire utopiste pour un continent où la fibre et l’orgueil nationalistes restent encore un fond de commerce assez productif pour les chefs d’Etats. A mon avis, une intégration sur des bases économiques/commerciales serait salutaire et davantage catalytique d’une Afrique unie. Comme pour le cas précédent du Cacao, Le Nigeria, l’Algérie, l’Angola et d’autres producteurs de pétrole sur le continent pourraient pareillement former une entité purement africaine ; s’entendre sur la gestion globale du pétrole africain en termes de quantité et d’offre afin de peser sur et d’influencer le marché international en leur faveur. De même pour les pays producteurs de mines ou de céréales. De tels regroupements constitueraient de bases solides pour ce rêve des Etats Unis d’Afrique qui nous est cher à tous. L Union européenne n’aurait-elle pas commencé avec une certaine Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en1951 avec juste six pays?

Le second point que j’aimerais aborder est celui du bilan purement économique ou mieux encore du bilan des entreprises et des affaires. J’entends parler de « désillusion » dans les articles de la presse internationale. Moi j’irai plus loin et je parlerai plutôt de rétrogression dont seuls les chefs d’Etat africains détiennent le secret. En effet, comment expliquer qu’au moment où nous en avons le plus besoin, que les “Banques De Développement” créées au lendemain des indépendances aient Presque toutes disparues? Je ne voudrais surtout pas  revenir sur le comment elles ont été gérées, ou par qui, ou encore que sont devenus leurs dirigeants etc etc. N’en rajoutons pas à un bilan déjà assez amer comme ça!!! Où sont passés les “Crédits Agricoles” qui étaient destinés au financement de l’économie? J’oublie les sociétés nationales de transport urbain qui, créées pour servir le peuple et faciliter les mouvements des biens et personnes, se sont retrouvées au service des Présidents et de leurs familles, des ministres et de leurs protégés, des DGs et de leurs acolytes… je m’arrête là la liste est bien longue… Ce qui donne lieu aujourd’hui à d’énormes bouchons de part et d’autre des artères des grandes villes sur le continent avec à la clé des accidents de route liés au transport de fortune…

Sans vouloir tomber dans un afro pessimisme -chose que je dénonce, reconnaissons tout de même que ces 50 années d’indépendance ressemble davantage à une régression que même à un statut-quo. Même si personnellement je reste positif et crois fort au progrès de ce continent que je porte cher au Cœur.

January 1, 2010 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , | 4 Comments

Conférence Sur Le Climat A Copenhague : Le Piège A Eviter …

La 15e Conférence des Nations Unies sur le climat aura donc lieu la semaine prochaine du 7 au 18 décembre 2009 à Copenhague. Au centre des débats, finaliser les négociations en vue d’élargir la convention sur les changements climatiques et conclure le nouvel accord sur le climat qui succédera de fait au Protocole de Kyoto, Protocole de Kyoto par ailleurs signé mais pas ratifié par la puissance la plus polluante, les Etats Unis.

S’il est indéniable que le changement climatique est plus que jamais le sujet du siècle et que ses conséquences auront de sérieux impacts aussi bien sur les économies riches que sur celles émergentes, j’ai tout de même quelques réserves en ce qui concerne les responsabilités des uns et des autres et le prix que chacun devrait payer pour lutter contre ce fléau universel.

Mes réserves sont notamment relatives au piège de la « décroissance » dans lequel pourrait tomber les économies émergentes. En effet, les économies dites riches ont pendant plus de trois siècles endommagé l’écosystème avec non seulement l’exploitation abusive des ressources naturelles tant dans le Nord que dans le Sud, mais aussi avec de massifs programmes d’industrialisation basés sur des modèles  polluants qui ont par ailleurs concouru  à leur essor. Alors, il me semble injuste de la part de ces économies riches de demander aujourd’hui aux économies émergentes de participer à la même hauteur et au même rythme au « paiement de l’addition » pour des dégâts qu’elles (riches) ont causés. Surtout que la plus riche d’entre elles et par ailleurs l’une des plus pollueuses (USA) ne montrait aucune volonté jusqu’à très récemment de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pour sauver la face, Washington a annoncé dans un communiqué que le président Obama promettra lors de la conférence que son pays fera des efforts de réduire à hauteur de 17 % (seulement) à l’horizon 2020 par rapport au niveau de 2005 ses émissions de CO2 ; alors que les Nations Unies pressent les économies émergentes à réduire leurs émissions de 15 à 30 %. De qui se moque-t-on ?

A mon avis, les économies riches devraient prendre leurs responsabilités et surtout qu’elles ne viennent pas nous tenir des discours de promesses d’aides ou transfert de technologie afin d’aider les économies émergentes à s’adapter au vert et à compenser le manque à gagner que cet effort pourrait causer. En passant, où en est-on avec la promesse des 0,7 % du PNB destiné à l’aide au développement ? Combien de pays riches ont jusqu’ici tenu à cet engagement ?

En conclusion, non pas que les économies émergentes doivent se mettre à l’écart du débat, de toute façon elles en souffriront des conséquences puisque le mal est global. Plutôt, le fond de ma pensée est que ces économies (émergentes) doivent rester vigilantes et faire attention au “piège de la décroissance” dans lequel les économies dites riches pourraient les entrainer.

Surtout ne pas baisser la garde !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

December 3, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , | Leave a comment

« Pourquoi Je Crois Aux Progrès de l’Afrique »

Mulongo« Pourquoi je crois aux progrès de l’Afrique »
Ces propos ne sont pas de moi mais du président de l’Association des Banques Centrales africaines et gouverneur de la Banque Centrale de la RDC, Mr Jean-Claude Masangu Mulongo qui vient de publier chez Hachette son dernier livre intitulé ″pourquoi je crois aux progrès de l’Afrique″. Mr Mulongo qui travaille aussi actuellement à la création d’une Banque Centrale et d’une monnaie commune à l’échelle de l’Afrique, se donne pour cela l’horizon 2021.

Il faut dire que je suis particulièrement admirateur de cet optimisme de monsieur le président de l’ABCA …mais entre nous, revenons un tout petit peu sur terre là. Est-ce que le terrain y est propice? Est-ce que les économies du continent ont atteint un niveau de convergence suffisamment avancé ? Et cette monnaie commune à l’échelle de l’Afrique, qu’en est-il de ses aspects purement techniques (sa convertibilité sur le marché des changes, sa parité avec les multiples monnaies déjà existantes sur le continent, sa gestion, etc.)? Bon…arrêtons avec les questions. Encourageons tout simplement le courage et l’optimisme de ce gouverneur qui a quand même, par les mesures qu’il a prises, permis le passage du ″zaïre″ au ″franc congolais″ en RDC. Mais qui a surtout fait baisser de manière drastique l’inflation dans son pays, elle est passée de 500% à 10%. C’est un exploit même si le franc congolais n’est pas convertible.
Au moins un leader africain qui nous rappelle la belle époque des Kwame Nkrumah, Patrice Emery Lumumba, Sékou Touré etc. des figures qui nous ont fait rêver…aujourd’hui Mr Masangu Mulongo pourrait apparaitre aux yeux des cyniques comme un déconnecté de l’économie réelle. Pourtant il peint juste l’image d’une Afrique qui croit à son éveil et qui se tient débout pour braver tous les obstacles au progrès. Alors, soutenons-le !

October 2, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , , | 1 Comment

OMC: Régulateur du commerce international ou alors arme secrète des pays dits riches?

OMC

Il a été rapporté par l’AFP le 14 septembre 2009, que la Chine avait déposé une plainte officielle contre les Etats-Unis auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Pékin jugeant ″abusive″ l’imposition par Washington de droits de douane supplémentaires sur ses importations de pneus chinois.

Comme l’expliquait un communiqué de Pékin, le président américain Barack Obama aurait signé un décret imposant des droits de douane supplémentaires sur toutes les importations de pneus pour véhicules de tourisme et véhicules légers en provenance de Chine pour une période de trois ans afin de préserver les entreprises américaines. Ces droits s’élèveraient à 35% la première année, 30% la deuxième et 25% la troisième.

La chine considère donc que ces nouvelles mesures américaines constituent des “pratiques abusives” qui vont “contre les règles” du commerce international.

Ce qui du coup m’amène à me poser la question suivante: ne sont ils pas ces mêmes américains qui prônant le libre échange et le commerce international, encouragent la chute des barrières douanières notamment dans les pays dits en voie de développement afin de faciliter l’intégration de ces derniers dans les échanges mondiaux?

Bon, ils me diront, faites ce que je vous demande de faire et non ce que je fais! Bon, no comment…

Sans surprise, du moins de ma part, Dame OMC, comme d’habitude, dans un communiqué, a reconnu que la crise économique actuelle et surtout la menace grandissante du chômage dans les pays développés, maintenaient très présente la tentation protectionniste. Appelant donc les pays du G20 à “rester vigilants” face à cette menace qui risque de ralentir la reprise économique. Puis le bla bla habituel énonçant les règles de l’OMC, pour finir avec la fameuse formule des consultations entre les deux parties qui, si elles échouent au bout de 60 jours, conduiront l’organe de règlement des différends de l’OMC à constituer un groupe spécial chargé de statuer.
Et bien sûr, comme de coutume, le dit groupe spécial produira un autre rapport détaillant les sanctions contre les Etats-Unis; lesquelles sanctions seront (et on commence à s’y habituer) balayées du revers de la main par la puissance “soucieuse” du développement des pays pauvres.  “Soucieuse”, du moins à en croire son nouveau président, Obama.

Quelqu’un pourrait –il me dire ce que sont devenues les sanctions de l’OMC contre les subventions européennes et américaines de leurs cotonculteurs? Ou encore de l’affaire des droits de douane européens abusifs sur le textile chinois ?

C’est à se demander si l’OMC n’est pas là  pour imposer ses règles de mondialisation et de libre échange (baisse et annulation des droits de douanes) dans les pays pauvres, afin de favoriser l’écoulement des produits du Nord vers le Sud ; et surtout pas l’inverse!

Alors, OMC, régulateur du commerce international ou arme secrète des pays dits riches?

A vous de juger!

September 19, 2009 Posted by | Articles In French, International Trade | , , , , , | 3 Comments

Vers La Fin De La Crise Economique?

Les énormes profits (près de 3 milliards de livres chacune) annoncés aujourd’hui par Barclays et HSBC, préfigurent-ils sinon la fin de la crise économique, du moins celle de la crise financière?

August 3, 2009 Posted by | Articles In French, Economics, International Economics, International Finance | Leave a comment

Les Accords De Partenariat Economique , Quel Est Le Problème?

acp

Il ne se passe quasiment plus de débats concernant les relations entre l’Afrique et l’UE, Les ACP et L’UE, ou tout simplement entre le Nord et le Sud sans le Fameux acronyme APE. Il serait donc peut être temps de faire le point.

Tout d’abord, l’historique:

L’historique:

Les accords de partenariat économique (APE) naissent en fait des Accords de Cotonou qui eux même en 2000 remplaçaient la convention de lomé signée en 1975.

Alors, commençons par le commencement.

En 1975, était signée à lomé la convention régissant les relations politiques et économiques entre les deux blocs UE et ACP (Afrique, Caraïbes, et pacifique). Il se succédait donc une série de conventions de Lomé couvrant chacune une période de cinq ans.

Reconnaissant les différences économiques considérables entre l’UE et les pays ACP, ces accords fournissaient des préférences commerciales et de l’aide aux pays ACP sans exiger d’eux la moindre réciprocité. Les exportateurs des pays ACP obtinrent ainsi un large accès aux marchés de l’UE tandis que les pays ACP conservaient le droit de protéger leurs producteurs de la concurrence des producteurs hautement compétitifs (et très souvent hautement subventionnés) de l’UE.

En 2000, La dernière Convention de Lomé qui arrivait à terme avait été remplacée par l’Accord de Partenariat de Cotonou dont les objectifs principaux étaient de réduire la pauvreté et de promouvoir le développement durable des pays ACP ainsi que leur intégration progressive dans l’économie mondiale.Par ailleurs, dans le cadre de l’Accord de Cotonou, l’UE et les ACP s’ entendaient pour le maintient du système préférentiel de la convention de Lomé jusqu’à la fin 2007. Puis, de le remplacer par un nouvel Accord de Partenariat Economique (APE) qui soit disant serait compatible avec les dispositions de l’OMC.

Mais pourquoi les pays ACP n’ont-ils pas su beneficier des préférences commerciales que leur accordaient pourtant la convention de Lomé et les accords de Cotonou? Y’aurait-il eu des points d’ombre dans ce sytème dit préférentiel?

S’il peut être reproché aux pays ACP de n’avoir pas su tirer profit du système préférentiel des accords de Lomé et de Cotonou afin de mieux se preparer pour les APE en 2008. Force est tout de même de reconnaître que sous ces accords, ce qu’il convient d’appeler “Les barrières non tarifaires” reprenaient tout leur sens. En effet les Pays ACP devaient faire face non seulement à des règles d’origine très strictes, qui limitaient donc le nombre d’exportations pouvant bénéficier d’un traitement préférentiel; mais également les ACP devaient faire face au renforcement continu des mésures sanitaires et phytosanitaires (SPS) qui entravaient donc l’accès de leurs exportateurs aux marchés européens; dernier point d’ombre, les ACP devaient aussi faire face à la progressivité des tarifs sur certaines productions clés. Ce qui conduisit par exemple à l’imposition de droits de douane plus élevés sur les produits transformés (comme le café instantané) que sur les matières premières (telles que les grains de café). Ce qui eut pour conséquence, de décourager les pays ACP à transformer leurs propres produits, et donc à se limiter à une économie de rente.

En outre, la lenteur sinon le manque de volonté des réformes des politiques agricoles européennes signifie que, même s’ils parvenaient à exporter vers l’UE, les exportateurs des pays ACP auraient été confrontés à la concurrence déloyale de producteurs européens hautement subventionnés. Ce qui de fait, vide de tout son sens l’aspect “promotion du développement durable et intégration progressive des ACP dans l’économie mondiale” tel que décrit et voulu dans les accords de Cotonou.

Arriva donc le tour des APE!

Et si on allait tout droit au but: quels problèmes causent ces accords de partenariat économique? J’en perçois principalement trois.

Numero uno:

Les agriculteurs et les producteurs des pays ACP qui sont (et ceci n’est plus une nouvelle) parmi les plus pauvres du monde, ces producteurs seront soumis à la concurrence directe et inégale des producteurs européens plus efficaces et hautement subventionnés.

En effet, si d’un côté les consommateurs des pays ACP pourraient bénéficier d’une gamme plus large de biens et services bon marché devenus accessibles grâce à la libéralisation commerciale, d’un autre côté les APE mettraient en danger les moyens d’existence de la population dans des secteurs agricoles et industriels clés. La suppression des barrières douanières à l’importation de produits européens mettra en effet en concurrence directe les produits (souvent hautement subventionnés) d’une des régions les plus avancées économiquement avec ceux des producteurs de certains des pays les plus pauvres du monde. Et donc entrainerait la fermeture de petites usines (leurs produits devenus trop chers pour le consommateur); des éléveurs qui devront mettre la clé sous la porte car ne pouvant compétir avec soit du poulet Belge importé dix fois moins cher, soit avec du porc exporté pour excès et donc bradé sur les marchés ACP. Conséquences, des familles qui se retrouveront sans emploi et donc sans revenus, la pauvreté qui augmentera indiscutablement etc. La cérise sur le gâteau: ces ex- agents économiques producteurs ACP se retrouveront contraints à consommer ce qui jadis causa leur déclin. A yayaye!!!!

souvenons nous de la sagesse qui dit: “malheureux sont les peuples qui consomment ce qu’ ils ne produisent pas, car ils seront dépendant à vie”

secondo:

Les gouvernements ACP vont perdre une part substantielle de leurs revenus ainsi que nombre des instruments de politiques publiques dont ils ont besoin pour promouvoir leur développement économique et social.

En effet, la plupart des gouvernements ACP sont fortement dépendants des rentrées douanières pour augmenter leurs recettes publiques. La Banque mondiale estime encore qu’en Afrique sub-saharienne par exemple, les recettes douanières représentent en moyenne entre 7 et 10% des revenus fiscaux de l’Etat. De l’autre côté, Les produits de l’UE représentant près de la moitié des importations totales de l’Afrique sub-saharienne, éliminer les droits de douane sur les produits européens réduirait donc considérablement les recettes douanières de ces pays. Ces pertes auraient indéniablement des conséquences séri
euses sur le budget de ces Etats. Car s’ils ne parviennent pas à compenser ces pertes en augmentant d’autres sources de prélèvements, les pays ACP auront à réduire leurs dépenses globales. Et cela pourrait mettre en danger non seulement les programmes de développement, mais aussi des coupes dans les investissements en matière de santé et d’éducation. Et donc, ces pays resteraient des pays pauvres très endettés à vie!

Terzo:

Avec ces APE, l’intégration régionale entre pays ACP risquerait d’être sévèrement affectée. Comment?

En effet, les APE tels que presentés aujoudh’ui risqueront de faire éclater les regroupements régionaux existants et forcer même certains pays ACP à choisir d’autres organes regionaux par le biais desquels ils négocieront avec l’UE au détriment le plus souvent des groupes regionaux auxquels ils appartiennent déjà. C’est particulièrement le cas en Afrique australe et orientale, où les Etats parties au Protocole sur le commerce de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se sont divisés en trois groupes de négociations: Seize des membres de la SADC et du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) négocient avec l’UE sous la bannière du groupe des pays d’Afrique orientale et australe (ESA) ; la République démocratique du Congo négocie au sein du Groupe Afrique centrale ; tandis que le reste des membres de la SADC (les membres de l’Union douanière de l’Afrique australe que sont le Botswana, le Lesotho, la Namibie, et le Swaziland, ainsi que l’Angola, le Mozambique, et la Tanzanie) négocient un APE totalement distinct dans le cadre du groupe SADC. En outre, les trois Etats de la Communauté est-africaine (EAC) (l’Ouganda, le Kenya, et la Tanzanie) sont divisés entre les groupes de négociations SADC et ESA.

Problème: Parce que les pays ACP (en l’occurrence ceux de l’Afrique australe et orientale) ont des priorités différentes en ce qui concerne les secteurs qu’ils souhaitent protéger de la concurrence à l’importation et préserver comme source de recettes douanières, il est possible que chaque membre d’un APE choisisse des produits différents à libéraliser. Ainsi, si le Kenya par exemple choisit de ne pas libéraliser la farine et maintient ses niveaux tarifaires sur ce produit mais que l’Ethiopie (qui comme le Kenya fait partie du COMESA mais qui négocie au sein d’un groupe different de celui du Kenya) supprime tous ses droits sur la farine, les commerçants pourront contourner les restrictions établies par le Kenya en important depuis l’Ethiopie des biens bon marché (et potentiellement « bradés ») importés d’Europe. Conséquences, pour éviter ce type d’opérations de countournement, il faudrait alors établir des contrôles rigoureux aux frontières (entre Etats du même groupe régional) pour différencier les produits ayant une provenance locale de ceux initialement importés d’Europe. L’imposition de telles procédures douanières et de contrôles du respect des règles d’origine coûteux en temps et en argent tendrait à renforcer plutôt qu’à réduire les barrières au commerce intra-régional.

L’autre cas similaire, c’est celui de la CEMAC en Afrique centrale où le Cameroun, bien que membre de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, ait signé un accord de libre-échange avec l’UE. Cet accord bien entendu, n’inclut pas de façon formelle les autres membres de la CEMAC — le Gabon, le Cogon, le Tchad, la République centrafircaine et la Guinée équatoriale — mais son impact sur eux est indéniable, ce qui en fait des membres de facto. En effet, en raison des accords de libre échange qui lient les membres de la CEMAC, ces cinq autres pays veront donc leurs marchés nationaux inondés par des produits européens bon marché provenant du Cameroun (qui constitue par ailleurs à travers son port de Douala, la porte d’entrée des importations pour bon nombre de pays de la sous region). Cette situation pourrait donc provoquer une chute considérable des recettes douanières de ces autres pays de la CEMAC qui n’auraient pourtant pas signé les APE; à moins qu’ils (ces autres pays de la CEMAC) n’implimantent des contrôles douaniers stricts et coûteux pour filtrer les produits provenant de l’UE via le Cameroun. Ce qui mettrait en mal les efforts d’intégration de la sous region déjà fragiles.

Au finish, non seulement les APE menacent les producteurs, les secteurs d’activités économiques existants, les efforts d’intégration régionale, mais ils pourraient aussi considérablement saper à terme la capacité des gouvernements ACP à soutenir le développement économique futur de leur pays.

A ce jour, pratiquement tous les pays qui se sont développés ont mis en oeuvre une politique tarifaire pour aider leurs petites entreprises à progresser vers des stades plus avancés dans la chaîne de production de valeur, évoluant progressivement vers des industries de transformation et de fabrication. Cela implique de faire varier les droits de douane en fonction des besoins de l’économie et des priorités de développement au niveau national ou régional. Vous me répondriez sûrement que le libre échange et la mondialisation font partie du processus de développement. Faut-il encore que ce libre échange soit “fair”! Car le libre échange proposé par l’UE est tout sauf un libre échange à armes egales et respectueux des normes internationales; vue la politique de subvention des producteurs européens contraire aux règles et dispositions de L’OMC.

Je pense donc que si l’UE est tant soucieuse du libre échange et du respect des dispositions de l’OMC (puisque tel est son argumentaire pour les APE), alors qu‘elle (UE) commence par éliminer ses subventions aux agriculteurs condamnées maintes fois par L’OMC. Et peut être qu’elle pense aussi à lever ses taxes douanières sur les produits chinois (notamment le textile) et à commencer à négocier des accords de libre échange avec la Chine qui produit à des coûts nettement moins élevés que l’UE. À ce moment, et à ce moment seulement, les pays ACP considéreront la signature des APE.

Attention, les gens vous regardent!

May 25, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , , | 10 Comments

Partenariat Sino-africain: L’Erreur A Ne Pas Commettre !

L’Afrique commettra t-elle encore l’erreur d’omettre d’imposer le transfert de technologie et du savoir faire dans les contrats qu’elle passera avec l’empire du milieu comme cela fut le cas avec les puissances occidentales ?

Le continent se laissera t-il une fois encore aveugler par de l’argent frais et par quelques constructions de ponts, stades et routes par-ci par là ?

Très prochainement…en pleine réflexion !

May 18, 2009 Posted by | Articles In French, International Economics | , , , , , , | 1 Comment