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Et Si La Bourse Etait La Solution…

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La Bourse: une source du développement en Afrique, réalité ou mirage?

s’il serait ambitieux de prêter à la Bourse des qualités d’une panacée en matière de financement de l’économie en Afrique, il faut tout de même reconnaitre que de plus en plus, les pays africains sont conscients de la nécessité de disposer de capitaux privés (nationaux et étrangers) pour financer leurs économies et donc accélérer leur développement. Et même si la situation est loin d’être identique en tous points du continent, elle y  est cependant encouragée par des fondamentaux économiques qui s’améliorent depuis quelques années sur la quasi-totalité du continent (diminution de l’inflation et de la dette publique, reprise de la croissance, stabilité du taux de change et des taux d’intérêts, réajustement de la balance de paiement et réserves de change en augmentation constante). Des performances qui ont motivé Le Corporate Council -qui regroupe quelque 190 sociétés américaines implantées en Afrique- à inviter les investisseurs à considérer « sérieusement » les nouvelles places financières de l’Afrique comme étant un lieu où il est bon d’investir.

L’Etat des lieux donc…

A l’heure actuelle, il existe vingt et une Bourses en activité sur le continent : huit en Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Malawi, Mozambique, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe), trois en Afrique de l’Ouest ( Nigeria, Ghana et Côte d’Ivoire), cinq en Afrique de l’Est et dans l’océan Indien (Kenya, Ouganda, Soudan, l’île Maurice et Tanzanie), quatre en Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc et Egypte), deux en Afrique Centrale dont une en activité (au Cameroun) et une sans activité (au Gabon) . La capitalisation totale de ces places financières africaines s’élevait à 1 127 milliards de dollars fin 2007. Source : La Vie Financière

Alors, comment l’Afrique pourrait s’en servir pour son développement ?

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) reconnaît que, les marchés boursiers, ainsi que les autres sources de financement, pourront je cite « promouvoir l’expansion des entreprises privées et par suite une croissance plus forte des économies nationales ».

Et même si certains experts estiment que les liens entre bourses et développement sont encore inexistants et qu’il faut d’abord s’attaquer à la pauvreté ; Mark Malloch Brown, ancien administrateur du PNUD (1999-2005), soulignait cependant que le développement des marchés d’obligations et d’actions en Afrique est l’un des moyens essentiels de constituer un capital national, de développer le secteur privé et d’inverser la fuite des capitaux. Facteurs, selon lui, généralement reconnu comme important (bien qu’insuffisant) de la réduction d’une pauvreté endémique.

Personnellement, je crois sincèrement que la Bourse est un levier de développement certain. Surtout que ses critères rigoureux et sélectifs d’éligibilité pousseront de fait les entreprises en Afrique à développer la bonne gestion, l’esprit de compétitivité et l’excellence. Sans omettre que L’Etat ou encore les collectivités territoriales dans les villes pourront aussi en bénéficier ; en ce sens qu’ils pourront recourir aux emprunts obligataires publics comme ce fut le cas de la CUD (Communauté Urbaine de Douala) qui avait émis un emprunt obligataire en 2005 sur la DSX (Douala Stock Exchange). A l’époque, l’opération avait connu un franc succès et avait permis à la CUD de lever presque 10 milliards FCFA. Source : http://www.afritude-portal.net/

Pareillement, une société privée,  à l’occasion  d’une augmentation du capital social, pourrait recourir  soit aux emprunts obligataires ou à la vente de ses actions en Bourse. Ainsi, le financement se ferait directement épargnant-entreprise sans intermédiation financière/bancaire. Ce qui réduirait le temps et les coûts de financement.

Cerise sur le gâteau, l’accès direct à ces capitaux nationaux et étrangers générera indiscutablement de emploi sur le continent, qui de fait aboutira à l’amélioration des niveaux de vie et donc à la réduction de la pauvreté.

Quelques petits soucis persistent cependant

Hélas, la mise en œuvre des places boursières en Afrique s’est très souvent accompagnée (et on commence à s’y habituer) d’un nationalisme très exacerbé. Nationalisme qui a abouti à l’existence d’un trop grand nombre de places financières sur un continent qui ne compte pas assez d’entreprises. Le cas  le plus patent  et le plus triste est celui de l’Afrique Centrale où nous avons une Bourse dite régionale, la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) basée au Gabon choisie par la CEMAC, mais qui depuis son lancement n’a encore connu aucune cotation car n’ayant pas reçu la bénédiction du confrère -plein d’orgueil- camerounais. Et du coup il s’est crée à Douala au Cameroun une autre Bourse des valeurs mobilières (DSX) avec jusqu’aujourd’hui une seule cotation. Bon…

De plus, l’influence de l’environnement politique est souvent très importante sur le continent. Par exemple, alors que la transition réussie de 2004 lui avait largement profité, la Bourse du Kenya a été très affectée par les troubles ethniques de 2007, allant jusqu’à suspendre ses cotations en janvier 2008. Pareillement, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) située à Abidjan, Bourse régionale de huit pays francophones de la Zone franc (UMEOA), a pâti de la violence ambiante alors qu’elle devrait être une locomotive dans la sous région vue sa position de premier exportateur de cacao…hélas!

Aussi, les handicaps purement boursiers ne doivent pas être négligés : les marchés financiers en Afrique ne sont ouverts que quelques heures par jour (souvent juste deux heures), les plates-formes électroniques ne sont pas harmonisées, les systèmes de règlement-livraison et de compensation manquent de fiabilité, les commissions de Bourse restent trop onéreuses. Vous me diriez que nul besoin de les avoir ouverts pendant de longue durée coûts de maintenance obligent, au regard des transactions sporadiques et infimes enregistrées …le débat est donc ouvert !

D’un point de vue juridico-économique, les pays africains souffrent d’un climat des affaires qui n’inspire pas toujours confiance : les informations publiées par les sociétés sont rarement exhaustives et fiables, pas d’audits externes, un faible taux d’épargne, aggravé par le fait que les investisseurs locaux préfèrent les intérêts aux dividendes or le marché obligataire est embryonnaire. En outre, les résidents les plus fortunés qui souhaitent acquérir des actions le font sur les marchés boursiers occidentaux plus sûrs et plus rémunérateurs.

Il faut aussi dire que le nombre restreint d’entreprises présentes en Bourse n’est pas pour attirer les investisseurs. Ainsi, Douala ne compte qu’une société inscrite à la cote, Alger et Maputo deux chacune, Kampala cinq, le Swaziland et la Tanzanie six. Trois autres marchés en recensent moins de 12, huit moins de 52, Tunis ayant atteint le nombre de 51 fin 2007. Restent donc les quatre plus grandes places : Casablanca avec 71 sociétés, Lagos avec 207, Johannesburg avec 389, dont 30 entreprises étrangères, et Le Caire et Alexandrie avec 595 sociétés mais aucune étrangère. Le cas du Caire est paradoxal car le CASE recensait 740 sociétés en 2005, mais les autorités égyptiennes ont décidé de retirer de la cote les entreprises les moins performantes. Source : La Vie Financière

L’autre souci, qui pour moi serait davantage un piège à éviter, c’est la dépendance des Bourses du continent aux matières premières qui de fait, fragilisera très sérieusement ces marchés. En effet, cette prédominance des sociétés spécialisées dans les matières premières  signifierait que toute baisse des cours mondiaux aurait de fortes répercussions sur les indices les plus représentatifs de ces places financières. Lesquelles places seraient donc soumis à la grande volatilité des marchés des matières premières qui par ailleurs échappe au contrôle des africains.

Raison pour laquelle, il serait impératif que d’autres secteurs dans l’industriel, la distribution, la finance, les investisseurs institutionnels, et surtout la téléphonie mobile & les TCI (secteur très porteur) commencent à s’introduire en Bourse si le continent ne veut pas louper cette autre chance d’espoir au développement.

Je conclus cet article en ouvrant un autre débat. Débat sur l’harmonisation et le regroupement des places financières en Afrique…ce qui serait à mon avis l’une des solutions pour faire face aux difficultés mentionnées ci-dessus. A suivre…

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May 18, 2009 - Posted by | Articles In French, International Economics | , , ,

1 Comment »

  1. la bourse serait un bon debut et meme une vrai solution pour les economie africaines car les africains pourrai eux investir plus aisement en afrique et surtou le secteur des investissement fianciere pourrait etre mieux controller et gerer d un point de vue des risques et des participations.On pourrait observer une meilleur reduction des craintes des investisseur prives etrangers.

    Comment by Steve Ngouani | September 19, 2009 | Reply


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